Journal

Journal berlinois

Mardi 30 juin 2009



Je passe chez Boris lui laisser mon vélo et diverses choses à rendre à Corinne et Marc.

Dernier petit-déjeuner berlinois, dernier relevé de mails à l’Edelweiss. Katrin vient me chercher pour m’emmener prendre mon avion à Schönefeld. Il fait chaud, ça circule mal, je suis chargé comme une mule. À l’enregistrement des bagages, je découvre que je suis en excédent de poids. Je dois laisser ma guitare et mes livres à Katrin sinon je paie une somme astronomique pour pouvoir tout embarquer. Je pense à ces films d’aventure où la belle doit abandonner sa garde-robe sur la berge pour descendre en pirogue une rivière mystérieuse semée d’embûches. Mais je ne pars pas à la découverte d’une cité légendaire, je rentre à Paris et les indigènes avec qui je communique portent des uniformes d’hôtesse de l’air.



Je rentre à Paris où je retrouve femme et enfant après une longue absence et où, dès demain, on m’attend en studio pour finir mon prochain album. La nostalgie n’aura pas le temps de m’habiter. Je passe d’une vie à une autre. Après-demain je sais que je commencerai déjà à douter d’être resté deux mois à Berlin.



« Arm aber sexy ! » Pauvre mais sexy, la célèbre réplique de Klaus Wowereit, maire de la capitale allemande, colle tellement bien à cette ville, à la population que j’ai fréquentée, aux soirées où je suis allé. Sexy et généreuse, nonchalante mais active, avant-gardiste et modeste. Des qualificatifs qui s’additionnent les uns aux autres, qui forment des boucles. Berlin est harmonieusement complexe comme une personne. Berlin, c’est la ville humaine. C’est aussi l’orange bleue d’Eluard.



Berlin, ich liebe dich.