Journal

Journal berlinois

Jeudi 25 juin 2009



Viola Hamann m’attend à la gare de Potsdam pour me faire visiter la ville à vélo. Viola m’a interviewé à mon arrivée à Berlin pour son mémoire sur les auteurs français dans la capitale allemande. Elle a tenu à me faire visiter la ville. Potsdam fut une résidence royale avant de devenir une cité de la RDA. Les bâtiments historiques côtoient les constructions sans charme de l’époque socialiste. La ville est en pleine rénovation comme pour essayer de remettre de l’ordre à tout ça. Elle devient aussi la belle banlieue des Berlinois fortunés. Le prix de l’immobilier grimpe au grand dam des étudiants qui la peuplent et dont la fac, laide à souhait (réalisme socialiste oblige), va être déplacée hors les murs.



Viola m’emmène au parc Sans-Souci où fut construit le château du même nom, sur les plans de Frédéric II. Le parc est immense et le château petit. Il paraît que les autres monarques de l’époque ne voulaient pas rendre visite au roi, jugeant indigne sa drôle de villégiature. Voltaire y a séjourné. Frédéric II a fait aussi bâtir de fausses ruines sur un tertre face au château, afin d’en disposer comme vue inspiratrice. On est loin des débordements versaillais. Dans le parc, il y a aussi un curieux petit Pavillon Chinois, orné de statues dorées. On ne sait pas si ses statues représentent de véritables Chinois où des Prussiens déguisés, tellement leurs faciès sont peu asiatiques.



Virée à Cecilienhof, la magnifique bâtisse où, dans un cadre idyllique, Truman, Churchill et Staline décidèrent la création d’une nouvelle frontière qui coupera en deux un pays et un peuple pour longtemps. Petit tour sur le Glinicker Brücke où, durant la Guerre Froide, les services secrets d’Est et Ouest s’échangeaient leurs espions prisonniers. Passage rapide dans les rues de la Colonie Alexandrovska et ses maisons de campagne russes. On évite le quartier hollandais que je connais déjà de mes précédentes visites au lycée Helmotz.



Il est déjà tard. Je quitte Viola pour m’en retourner sur Berlin.



J’allume la télé, comme ça. Michael Jackson vient d’avoir une attaque cardiaque. CNN tourne en boucle l’information. J’en déduis qu’il ne se passe plus rien en Iran et qu’on est sorti de la crise financière mondiale.