Journal

Au fil du temps

Le téléchargement gratuit

(vendredi 24 novembre 2006)


J'ai enfin terminé mon nouveau roman. Il s'intitule Vibrato et sort en janvier chez JC Lattès.

Il se situe dans le milieu musical et traite à la fois de la fin d'une époque de l'industrie du disque et de la difficulté d'être modeste dans un monde arrogant. Le milieu musical est un prétexte à digression. Je mettrai des extraits en ligne dans quelque temps.

Une génération est là qui se moque d'acheter et de posséder cet objet obsolète qu'est le support matériel – un vinyl, un CD – pour écouter, que dis-je ! entendre de la musique à volonté. Cette génération est née avec la musique disponible en bruit de fond, papier peint sonore, diffusée par la radio dans les maisons et les magasins. Le génie humain lui offre la technologie pour s'accaparer gratuitement des millions de chansons. Succès assuré.

D'abord montrés du doigt et condamnés, les fournisseurs pirates sont aujourd'hui adoubés par l'industrie musicale qui leur propose des contrats mirobolants pour écouler leur catalogue. Le fournisseur d'accès a le tuyau, l'industrie du disque a la matière.
Sur fond de gratuité dûment rentabilisée par la publicité, le monde des affaires lance dans la rue, comme des confettis, toutes les œuvres artistiques en sa possession.
La musique, mais aussi le cinéma et dans quelques heures, le livre. Tout cela se fait au détriment des créateurs pour qui l'on bricole des pourcentages contractuels en lieu et place de leurs droits.

Nous nous en sortirons sûrement. Nous trouverons des solutions équitables. Dans cinq ans, dans dix ans, quand le mal sera fait. En attendant, apprêtons-nous à devoir séduire les sponsors, producteurs et diffuseurs à venir, que seront les banques, les assurances, les hypermarchés, etc… pour financer la liberté d'expression. Cherchez le paradoxe.

Malgré cela, je n'ai pu m'empêcher d'écrire de nouvelles chansons. Il est question que je rentre en studio en 2007. Honnêtement, après tout ce que je viens de dire, je me demande encore pourquoi. Mes doutes ne sont pas de l'ordre de la création, mais de son exploitation.

Les gens sont bombardés de nouveautés à longueur de temps, nouveautés souvent synonymes de jeunesse à laquelle on aime se référer pour se prouver qu'on ne vieillit pas tant que ça. Quelle place laisse-t-on à un chanteur qui dure et qui accepte son âge dans une société obnubilée par le lifting ?

Pour me changer les idées je dessine en vue d'une expo à venir. Il y a de cela quelque temps, une jeune femme, Cynthia Voirin, s'est mis en tête de réaliser des peintures inspirées de mes chansons. J'ai pris la balle au bond et lui ai suggéré d'illustrer aussi de mon côté les chansons de son choix sans confronter nos visions respectives avant l'accrochage des tableaux.

Elle, c'est la peinture, moi, c'est le fusain. Rendez-vous le 31 mars à Lyon, à la galerie Canul'art.
D'ailleurs l'heure tourne. Il est temps de me rendre à mon atelier pour dessiner.