Journal

Au fil du temps

Échange entre mon webmaster et moi

(mardi 9 mai 2006)


Hello Kent !

Tout est en ligne. Pardon d’avoir tardé.

Je me disais bien en entendant des extraits du dernier Macias qu’il y avait du Kent derrière ! Bravo ! Pour un fils de pied-noir comme moi, c’est que du bonheur !! ;-)
Content de savoir que tu avances bien sur ton bouquin. Je suis curieux et pressé de lire ça ! J’avais adoré “les nouilles froides”.

Et au niveau musique ?

De mon côté, ça peut aller. Mais je viens d’avoir 40 ans et toutes les questions habituelles m’assaillent ! Qu’est ce qui est important ? Où vais-je ? Est-il encore temps ? Mon travail me semble futile. J’aimerais bien laisser quelque chose... Tout ça quoi ! Et puis, il fait moche ! Et puis merde quoi ! ;-). Pas très positif le garçon en ce moment. Je dois faire plus de musique. Ca ne décolle pas avec Marc. Pas de partenaires. Donc dur. Je cherche de nouvelles collaborations.

Nous jouons une fois par mois dans un tout petit endroit charmant : les Cariatides. Ca commence demain, puis les 14 juin et 12 juillet. Viens boire un verre si tu veux ! Et si tu n’es plus en “repliement artistique” ! Je comprends en tout cas très bien cette non-envie d’aller voir les gens en concert.
J.

Hello Jean! Merci pour la mise en ligne. Je ne sais pas quoi te dire concernant la musique. Elle est en pleine mutation, c’est rien de le dire. C’est comme la fin du pétrole. On est incapable d’en mesurer les conséquences, on ne peut que les subir.

Le monde de la musique change, non plus de mois en mois, mais de semaine en semaine. Ce qui ne change pas, c’est l’engouement imprévisible du public pour telle ou telle chanson de tel artiste. Il l’aime, il le veut. On le lui vend en magasin, il l’achète ; en téléchargement payant, il l’achète ; en peer 2 peer, il le vole. L’industrie et la législation courent derrière l’innovation. Beaucoup de labels et d’artistes se pètent la gueule. Et... Ce n’est qu’un début.
Il faut trouver cette époque intéressante sinon c’est foutu pour le moral.

Je vais t’avouer un secret : la crise de la quarantaine ne passe pas. C’est une porte qui s’ouvre sur la lucidité. Finalement, elle aussi, on peut la rapprocher de la crise du pétrole. L’inconscience, notre source principale d’énergie, s’épuise.

Il faut puiser ailleurs pour apprécier le temps qu’il nous reste à vivre et dont on vient de se rendre compte, en soufflant 40, 42, 45 ou 49 bougies, qu’il est compté. En fait c’est un cap. Avant, l’horloge indique simplement le temps qui passe. Après elle joue le compte à rebours.

Je ne sais pas si je vais te remonter le moral avec ça, mais je ne trouve pas mieux à te dire.

Et ça me donne une idée : es-tu d’accord pour qu’on mette cet échange de mail dans mon Journal ? Je le trouve intéressant. En ôtant ce qui te dérange ou est trop privé. C’est une bonne idée, ce dialogue...
;-) Kent