Journal

Au fil du temps

La grande illusion

Septidi 27 Brumaire CCXXV
(jeudi 17 novembre 2016)


 © Kent Un nouvel album arrive. Encore une fois, j’en suis le premier étonné. Les mois passent avec cette impression que je n’ai rien à dire, rien à écrire d’intéressant, et puis un jour, des embryons de chansons apparaissent et je me dis « pourquoi pas ? » L’inspiration s’ébroue. Mais ça ne suffit pas, une forme musicale affriolante est nécessaire pour qu’elle s’envole.

Des chansons comme des silhouettes dans la brume, aux cœurs palpitants. Il faut les définir, leur donner des contours, une direction, une allure. Tout est possible à qui aime la diversité. Le choix est dicté par une accélération du pouls, une sensible exaltation à l’idée de tenter l’aventure avec tel ou tel équipage. C’est mon seul critère. Mais, comme je n’aime pas le confort et le prévisible, je penche toujours pour une certaine dose d’inconnu. L’inconnu entraîne la découverte et la découverte enrichit l’esprit, le tient en éveil.

En juin 2015, j’ai joué l’album MÉTROPOLITAIN en intégrale avec Tahiti Boy, lors de mon concert au 104 à Paris. J’ai aimé cette rencontre et ce qui en est sorti. Si bien que je suis rentré en studio avec David Sztanke et ses amis, ainsi que Marc Haussmann, pour enregistrer LA GRANDE ILLUSION. Et c’était ce qu’il fallait faire.

Quand je sais vers quel horizon me lancer, tout s’éclaircit et de nouvelles chansons éclosent, s’éclairent comme des balises sur le chemin à suivre. Le travail d’écriture s’en trouve simplifié, le tissage musical n’est plus une énigme, les arrangements se révèlent un jeu passionnant. Les idées fusent, il y en a trop, il faut savoir trier avec justesse.

C’est l’un des moments les plus jouissifs de la création musicale. Le deuxième, c’est la scène, quand il faut interpréter sans filet ce que l’on a mis tant d’attention à aboutir.

Entre les deux, il y a la sortie du disque, sa promotion, les médias et l’accueil du public. Là, tout m’échappe. Je me sens comme la bille que l’on jette dans la roulette au casino. « Les jeux sont faits, rien ne va plus ! » Je ne contrôle plus rien. Je sais que j’ai fait du bon travail, sinon le disque ne sortirait pas ; je sais que des gens l’attendent ; je sais surtout que la chance reste essentielle pour se distinguer du lot.
À moins d’être capable de tout pour se faire remarquer. À l’heure où Donald Trump accède à la Maison Blanche, on peut trouver ça tentant. En 2017, c’est un coup à finir Président de la République. Ça me dit moyen.

Rendez-vous le 3 février 2017 pour LA GRANDE ILLUSION