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Au fil du temps

Retour à Lou

Primidi 1 Messidor CCXXV
(lundi 19 juin 2017)

 

Il me prend l'envie parfois de me conter des sagas musicales. Je reprends à zéro l'œuvre d'un artiste dont je suis le chemin depuis longtemps ou bien que je découvre, et je descends le fil de sa carrière en suivant les repères biographiques que je glane ici ou là. C'est un passe-temps qui m'enchante.

En ce moment, je marche sur les traces de Lou Reed. Il a croisé mes goûts une première fois en 1971 ou 72. J'avais échangé un disque live de Taste contre Loaded, le dernier disque du Velvet Underground avec le monsieur. J'aimais beaucoup la pochette. Le disque ne m'a pas emballé, mais je m'y suis fait.
L'intérêt pour le chanteur est venu plus tard avec Transformer. Je nageais en plein Glam Rock et voilà que Bowie poussait Lou Reed sous les spots, torero ténébreux et fardé, auréolé d'un passé sulfureux que j'apprenais alors. Berlin conforta mon attrait pour le personnage, mais c'est surtout Rock'n'roll Animal qui m'emporta. Je connais ce disque par cœur, le placement de chaque note, les moindres intonations de voix, les secondes d'enchaînement entre chaque plage. Sans parler de la pochette, tendance flou frénétique, bracelets cloutés, collier de chien, cheveux ras, noir aux lèvres. J'étais au sommet de l'extase. Et j'en suis redescendu.

 

 

Alors que des amis ont continué à suivre le chanteur new-yorkais, et à déterrer son passé, je m'en suis détourné. L'engouement pour ses thèmes de prédilection m'a gavé. Pas tant les sujets en eux-mêmes que la fascination malsaine qu'ils suscitaient autour de moi. La dope en particulier.
Les années ont passées. Lou Reed est revenu quelquefois dans ma vie. New York, Songs for Drella, The Raven. Le Velvet Underground m'a enfin intéressé par le biais du live, 1969, recommandé par un ami. Par la suite, j'ai acheté les albums de manière décousue. Aujourd'hui je les décortique un par un, dans le sens du temps, attentif à l'écriture des chansons, aux changements d'équipage. Loaded me plait (enfin) beaucoup. Les chansons sont belles, presque antinomiques au mythe warholien qui nimbe encore le groupe. Lou Reed va le quitter avant la sortie du disque.

C'est très instructif de suivre l'évolution de ses textes. À ce stade, dans les limbes entre Velvet et parti-pris de solitude, son inspiration est incertaine. Elle hésite, elle bafouille, elle bégaye. On sent qu'il doute, qu'il cherche. Est-ce la nostalgie d'une aura passée, la fin des concessions ou la pression d'une légende souterraine en devenir grondant ? Toujours est-il que Lou Reed entérine son penchant pour le bestiaire humain des bas-fonds et ça va plaire à toute une génération. Mais si le Velvet Underground, dernière mouture, avait connu le succès commercial espéré, Lou Reed aurait-il été si sombre ? Aurait-il perdu son talent ? Aurait-il été Lou Reed ?