Journal

Journal berlinois

Mercredi 24 juin 2009



Je récupère mon vélo. Ali Baba a fait du bon travail. À Kottbusser Tor, je découvre un autre Photomaton vintage, mais pas du tout mis en évidence. Il est sur le rond-point à la station de métro. Je pense qu’il est là depuis toujours et les usagers ne sont pas des jeunes Américaines riant très fort, mais plutôt la population turque alentour qui vient ici pour des portraits nécessaires à leur régulation administrative.



Je retrouve Marc à la gare de Südkreuz, sur le quai n°5 où nous prenons le train pour Ludwigsfelde. Le voyage est rapide. Katrin Schielke nous attend à notre arrivée et nous conduit au château de Genshagen. Aujourd’hui nous présentons le travail des ateliers d’écriture à la Fondation. Je suis anxieux, je me demande si les élèves ont abouti les projets. Je m’installe dans le grand salon avec Marc pour la balance de notre concert. Les classes arrivent petit à petit. Je découvre les affiches, les BDs qu’ils ont réalisées, dont je n’avais vu que de vagues esquisses. C’est drôle et souvent malin. L’Helmotz-Gymnasium de Potsdam a réalisé une affiche de publicité intitulée « les Montagnes Russes des Sentiments » qui est très bien vue. À Sophie-Scholl, ils ont fait une BD noir & blanc dans le style de L’HOMME DE MARS, du beau boulot. Je répète avec Manon et ses copines sur les marches de l’escalier menant au jardin. Leur chanson est inspirée d’un titre de Johnny Cash, je dois retrouver les accords et les faire chanter bien ensemble sur le tempo. Katrin nous appelle pour la générale. Je (re) découvre durant celle-ci une chanson composée à Potsdam avec des élèves, que je dois interpréter. Heureusement l’un d’eux en a gardé une trace enregistrée sur son portable.



Tout le monde se rue sur le lunch avant le début de la présentation. Je suis rasséréné. Malgré encore quelques hésitations causées surtout par la présence du micro, les élèves sont au point.



Tout se déroule excellemment bien. Je réalise soudain que je suis à l’origine de ce travail et j’en suis tout étonné.
C’est Sophie-Scholl qui ouvre les festivités. Un groupe a réalisé « Aliens », un titre sur CD dans une ambiance très trip-hop ; j’accompagne Samy à la guitare pour son rap, « Les Pieds Rouges » (les Pieds Noirs martiens, en quelque sorte) ; j’accompagne aussi Manon et ses copines pour « La Route des Étoiles », sur la musique de Johnny Cash.
Anton, le jeune garçon qui chanta lors de ma visite au lycée de Ludwigsfelde, est venu en outsider interpréter deux titres de sa composition. Il obtient un vif succès. Cela ne m’étonnerait pas qu’il fasse son chemin dans la musique.
Côté Helmotz-Gymnasium, Borys lit son « extrait d’un Martien qui débarque sur la Terre » avec humour et conviction ; Madeleine et Daniel lisent « Ce qui est important » (un texte hypersensible) à deux voix, accompagnés au piano par Lisa ; qui accompagne également Annie et Katharina sur « Un Mars dans le box » ; tout le groupe, les profs compris, forme une chorale pour chanter « Nous, les Martiens » ; je clos la présentation en interprétant « La chose avec l’autre monde » , accompagné par Nadja au piano et Karym à la batterie. Puis c’est mon tour de chanter mes chansons avec Marc au piano. Petit concert de fermeture pour mon travail avec la Fondation Genshagen.
Puis tout le monde trinque. Les élèves s’en vont assez vite pour des histoires d’horaire de transport. Dommage, on commençait à être très à l’aise. La soirée s’effiloche doucement au gré des départs. Markus, qui est venu lui aussi, nous annonce que le magazine de photos Focus est intéressé pour publier des portraits de notre exposition. C’est une bonne nouvelle. Les derniers invités s’en vont. Katrin, Marc et moi restons seuls au château. Nous descendons au bar en sous-sol où nous attend une collation. Le château est vide. Nous parlons longuement de choses et d’autres jusqu’à très tard. Puis nous rejoignons nos chambres pour une ultime nuit de châtelain.