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Journal berlinois

Mardi 23 juin 2009



Ça devait être simple, finalement non. Il y a un vendeur-réparateur de bicyclettes dans la Wienerstrasse, à 500 mètres de chez moi. Je vais lui laisser mon vélo sur le chemin pour me rendre à l’OFAJ où je dois récupérer deux planches de L’HOMME DE MARS pour le vernissage de l’expo-photos « 20 Jahre Mauerfall » à Lette-Verein. Timing et enchaînement parfait. Sauf que, exceptionnellement, aujourd’hui, le réparateur de vélos ne prend pas de réparations car il est débordé. Je demande à une cycliste qui passe si elle connaît un autre garage. Oui, à Kottbusser Tor. 500 mètres plus loin. Je m’y rends en poussant toujours mon vélo à plat. Sur place, je ne trouve rien. L’explication était vague, du genre « Tu verras, tu ne peux pas le rater... ». Je me renseigne à nouveau auprès d’une autre cycliste qui m’indique un chemin tortueux entre des immeubles, « Tu verras, tu ne peux pas le rater... ». Je trouve enfin le réparateur, bien planqué dans une petite rue. C’est un vieux Turc qui occupe un garage à voiture, en bas d’un immeuble. Ses outils sont étalés sur le trottoir, devant un banc où le bonhomme papote avec un copain. Il se fait appeler Ali Baba et son garage est sa caverne. Si on a le temps, on peut réparer soi-même son clou, il est là pour filer un coup de main et prêter le matériel nécessaire. La réparation ne coûte rien. Je n’ai pas le temps, c’est à lui de le faire. Nous mettons un moment à nous comprendre, chacun dans notre baragouin germano-pidgin. Finalement il va me remettre en état mon pneu et un garde-boue branlant pour 20 Euros. Tout sera prêt demain matin, avant mon train pour Genshagen. 20 Euros, plus les nouvelles lampes que j’ai dû acheter l’autre jour, ces extras me coûtent le prix du vélo. J’en ai fait l’acquisition pour 50 Euros, il y a deux ans, lors d’un précédent séjour berlinois. Je l’adore. Il est rouillé, mais solide, il semble inusable. Il ne craint ni les intempéries, ni d’être volé. Il pourrait être beau, mais n’en a pas la prétention.



J’arrive à l’heure et d’un bon pas à l’OFAJ. Juste le temps de décrocher les deux dessins et je repars à Lette-Verein où je me pointe dix minutes avant le vernissage. La foule ne se presse pas ce mardi à 15h, dans cette école d’art. Nous faisons quand même nos discours de présentation pour les quelques visiteurs présents, à peine dérangés par une femme de ménage qui pousse son chariot au milieu de notre petit monde sans nous prêter attention. Les 20 portraits de Markus Mueller enfin réunis, accompagnés de mes commentaires, ont de l’allure. Je me rends compte que nous avons bien travaillé. Markus n’a eu les tirages que ce matin, un problème d’impression a failli remettre en cause le vernissage. Des personnes qui se sont prêtées à notre jeu sont venues voir leurs portraits. Ça semble leur plaire. Nos avocats peuvent dormir en paix.



Nous allons boire un café en terrasse. Il fait très beau. Puis je pars rejoindre Marc au studio. Je fais un détour sur Kastanien Alle pour prendre en photo un Photomaton. Mais vintage. Un ancien, comme avant, qui vous fait votre portrait noir et blanc en quatre poses. C’est l’attraction touristique du moment. Le week-end, les touristes font la queue pour venir faire des grimaces devant cet objectif d’un temps révolu.
Avec Marc, nous enregistrons OMBRE BERLINOISE, chanson qui arrive trop tard ou trop tôt. Je ne la vois pas vraiment dans l’album PANORAMA. J’aurais plutôt envie de la garder pour un projet complètement berlinois.