Journal

Journal berlinois

Mardi 9 juin 2009



Rendez-vous avec Katrin à 8h, non plus à notre station-service d’espions, mais au drive-in du trottoir d’en face. Le lieu est tout de même plus convivial. Il propose, de bon matin, des donuts étouffants et des parts de gâteaux à digestion lourde à ceux qui n’ont pas froid à l’estomac.



Nous nous rendons au château de Genshagen, situé à 20 kilomètres au sud de Berlin, dans une bourgade tranquille. Le château date du XIXe siècle. Il est dans un parc calme et boisé, avec étang et dépendance. Un bâtiment neuf, en bois, au design étudié, abritant des bureaux annexes, jouxte le château. C’est là que travaille Katrin qui, de sa baie vitrée, peut voir déambuler dans le jardin les cigognes qui ont élu domicile sur le toit du château. Celui-ci, outre des salles de conférence et d’autres bureaux, possède une vingtaine de chambres pour recevoir des hôtes. J’aurais pu y loger durant mon séjour. À découvrir aujourd’hui ce cadre grandiose et serein, propice à la méditation et à l’écriture, je me dis que j’aurais été bien ici pour travailler. Mais je n’aurais pu faire que cela. Adieu les virées nocturnes et la découverte de Berlin à vélo. Condamné à rentrer tous les soirs avant que le dernier train ne se transforme en citrouille et finir les derniers kilomètres à pied. Bof, bof, bof.



Aujourd’hui a lieu une conférence internationale sur le thème « Médiation et éducation artistiques et culturelles ». Ont été conviés les partenaires allemands, français et polonais de la Fondation. Le bruit court que Christine Albanel sera parmi nous. Les invités arrivent et se rassemblent dans le jardin du château, autour d’un buffet de petit-déjeuner. Des performances artistiques vont ponctuer le déroulement de la journée. Comme souvent, dans ces circonstances, mon esprit se partage entre un réel intérêt pour le sujet et un regard distancé sur sa mise en scène.
La conférence se déroule rondement. Nous avons droit à un « déjeuner sur l’herbe » raffiné. La pluie, pourtant annoncée par la météo, semble vouloir rester suspendue au-dessus de nos têtes. Je retrouve Thierry Auzer, un Lyonnais qui fut un temps membre du groupe de rock, les Dyplomatiks et qui, aujourd’hui, directeur du théâtre des Asphodèles, évolue dans les cercles de la culture et des échanges franco-allemands. Nous évoquons Lyon d’avant mon départ et nos activités diverses qui nous conduisent à nous recroiser, par hasard, dans les jardins de Genshagen.
Un groupe de musique tzigane clôture la journée en chanson avant « la soirée conviviale en postlude », c’est-à-dire un barbecue noble et élégant où l’on peut enfin apprécier les vins sans retenue.
La pluie n’est pas venue, Christine Albanel non plus.