Journal

Journal berlinois

Lundi 1er juin 2009



Jour férié. Kreuzberg semble assis sur un banc à attendre que ça se termine. Je travaille à l’appart’.
Ce soir, Barbara Carlotti chante à la Maschinenhaus dans la Kulturbrauerei, à Prenzlauer Berg. J’y ai donné rendez-vous à Marc Haussmann et Jean Meynard. Je retrouve toute la fine équipe qui entoure Barbara ainsi que son bassiste et son batteur arrivés aujourd’hui. Marc Mullholland ouvre la soirée avec ses chansons mélancoliques d’Écossais en exil. Vient ensuite Super Bravo et ses drôles de mélodies tristes. Puis c’est Barbara et l’orchestre au grand complet pour un concert impeccable. Marc Mullholland, Super Bravo et d’autres invités rejoignent le groupe pour des rappels multiples. Mes compagnons ont bien apprécié le spectacle. Il est question que Barbara et sa troupe aillent faire un dernier tour au White Trash, bar Rockab’ sur la Schönhauser Allee. Ce n’est pas très loin. Je connais l’endroit, j’y suis allé l’an passé avec Corinne. On y trouve une faune bigarrée de rockers mutants, tatoués jusqu’au crâne. Je me demande toujours jusqu’où va se prolonger cette outrance qui commença dans la banane gominée d’Elvis, passa dans celle de Brian Seltzer et sur ses bras, et se poursuit dans les profils de comix des psycho-punka-rockers d’aujourd’hui. Il y a un club du même genre tout près de chez moi, sur la Wiener Strasse, le Wild At Heart. Tous les soirs, je me faufile au milieu de cette tribu qui s’étale sur le trottoir à la sortie des concerts. Les jeunes spécimens brillent de mille feux. Garçons et filles ont fière allure avec leur look à la déglingue. Les excès ne les ont pas encore entamés. Il n’en est pas de même pour la génération précédente. Hormis quelques mâles émaciés sur qui l’alcool et les substances illicites ont laissé des éraflures qui confèrent à leur charme, les anciens font peine à voir. Hommes pansus et femmes à gros cul, aux cheveux rares ou rêches, les tatouages en berne, accrochés à leurs bières comme à leur jeunesse qu’ils ne croiseront plus jamais.



Retour en vélo à Kreuzberg. Comme chaque fois, je me paume allègrement aux alentours d’Alexander Platz. Je n’ai toujours pas saisi quel est le chemin le plus direct pour traverser ce labyrinthe encore en travaux.