Journal

Journal berlinois

Mardi 26 mai 2009



Une journée à vau-l’eau, normal, on parle d’un orage à venir depuis hier. C’est d’abord sous un soleil têtu que je me rends en vélo le matin à l‘Ambassade de France, en haut de la Wilhemstrasse, faire une demande de procuration pour les élections européennes à venir...
En sortant j’appelle Marc pour savoir s’il y a toujours une guitare acoustique dans son studio. Cela m’éviterait de repasser à Kreuzberg prendre la mienne et de monter en métro à Prenzlauer Berg. Non, la propriétaire de l’instrument l’a récupéré. Je retourne dans mon quartier et m’installe au Morena pour faire mon courrier électronique. Plus de cinquante messages et des questions importantes à régler qui me prennent un temps fou. Lorsque je lève les yeux de l’écran, c’est pour voir le vent se lever et le ciel devenir menaçant. Je remballe tout et fonce à l’appart’ chercher la guitare. Pas le temps de grignoter un morceau, je repars aussi sec, si j’ose dire, et en vélo, la guitare à la main, jusqu’au métro que j’atteins au moment où l’orage éclate. Le chemin est long jusqu’à la station Eberswalder Strasse. J’ai du temps pour lire le roman de Sven Regener. L’histoire est tellement prenante que je me trompe de station. Enfin j’arrive au studio et nous commençons à répéter. Je ne suis pas dedans. Les mails pressants, les petits contretemps m’ont rendu grognon et distrait. Je me plante sans arrêt et trouve notre travail sans grand intérêt. Neurasthenic attitude. Mais Marc assure et se débrouille de mieux en mieux dans les chansons.



La répétition finie, nous avons un peu de temps avant d’aller dîner chez Boris Steinberg...
Boris habite à Kreuzberg, juste de l’autre côté de Görlitzer Park, en face de chez moi. Les convives ont déjà commencé à dîner lorsque nous sonnons à la porte. Il y a Corinne, Manuela et deux autres amies de Boris prénommées Suzanne et Anna. Les conversations balancent de l’allemand au français, du français à l’anglais. Parfois je pars en rêverie, laissant les autres s’abandonner à la langue d’ici. Je souris et je ris comme eux sans comprendre toujours, mais qu’importe, nous passons un bon moment.