Journal

Journal berlinois

Lundi 25 mai 2009



Petit-déjeuner au Morena pour l’envoi des mails quotidiens.
Rendez-vous ce midi à l’institut Sophie-Scholl pour mon premier atelier d’écriture. Je retrouve Katrin et fais la connaissance de Christiane Fritz et Françoise Doussin-Steinlein, les professeurs qui vont m’accompagner durant la rencontre. La salle de classe ressemble à une salle de classe. Les élèves ont 16 ans environ et parlent parfaitement le français qu’ils apprennent depuis l’école primaire. Ils sont au nombre de 13. Mon idée est de leur faire écrire des chansons supplémentaires pour L’HOMME DE MARS en partant soit d’un thème choisi, soit d’un titre de chanson inédit... Il est plutôt intéressant de voir comment les meneurs se révèlent parmi eux pour prendre la direction des opérations et imposer leurs points de vue aux autres. À la fin de la rencontre, je leur chante ON A MARCHÉ SUR LA TERRE et VIBRATO.
Je ne sais jamais trop comment m’y prendre avec des lycéens. L’adolescence est l’âge où l’on souhaite tellement être autonome, que l’on croit tout savoir et être dispensé de conseils et d’enseignement. L’adulte est un rival, un gendarme, une barrière à sauter. L’adolescent voudrait qu’il le traite d’égal à égal, mais refuse lui-même de le faire.



Alain Jadot m’a invité chez lui pour dîner. Il habite sur le Kaiserdamm. Je le retrouve en compagnie de ses amis Martine, artiste belge, Ania, comédienne allemande et Paul qui se présente comme philosophe anglais, traducteur en comptabilité. L’appartement d’Alain est plus bourgeois que ceux que j’ai pu fréquenter jusqu’alors. C’est un personnage fantasque, divorcé et célibataire. Les murs chez lui sont couverts de tableaux, souvent les siens, copies amusantes à la manière de peintres célèbres. Tous sont accrochés en biais dans une symétrie parfaite. Alain est habillé de blanc et de beige comme à la Fête de la Constitution. Il porte des costumes achetés pour rien à un théâtre qui a fait faillite. Son jabot en dentelle est une insoupçonnable culotte féminine. Alain Jadot est le compositeur de la minute de silence en anglais dont il m’a offert la partition dédicacée..