Journal

Journal berlinois

Dimanche 10 mai 2009



... Je sors visiter le cosmopolite Görlitzer Park que je vois de ma fenêtre et que je n’ai pas encore foulé. Berlin est parsemé d’espaces verts où les gens viennent se promener, ne rien faire ou bien jouir à leur convenance du lieu. Par exemple, hier, dans le Tiergarten, sur la pelouse qui longe la Fasanerie Allee entre le Neuer See et l’ange de Siegessäule, des nudistes profitaient du beau soleil de mai sous les yeux d’innombrables touristes étrangers légèrement décontenancés.
Rien de tel dans Görlitzer Park ou alors ils sont bien cachés. C’est dimanche, les familles turques font des barbecues, la population de Kreuzberg lézardent au soleil, joue de la guitare, au frisbee, discute sur les bancs, dans l’herbe, sur les ruines de l’ancienne gare, les amoureux sont discrets, les enfants sont des enfants, deux équipes d’amateurs s’affrontent sans prétention sur un terrain de foot.
Je vais à Treptower Park voir le monument aux morts soviétique.



Lors d’un précédent séjour berlinois, je partageais un appartement avec une jeune Allemande et une étudiante québécoise. Cette dernière m’avait prêté OMBRES BERLINOISES d’Emmanuel Terray, livre qu’elle adorait. J’en entamais la lecture immédiatement et je fus moi aussi séduit par cette visite inédite de la ville. Chaque chapitre est une étape historique de Berlin. Ce livre est dans mes bagages car je tenais à me rendre sur certains lieux décrits pas l’auteur...



Le mémorial est gigantesque, impressionnant jusqu’à l’absurde. Je regarde les rares visiteurs du site. Il y a des badauds, un peu là par hasard, un peu là faute de mieux ; aussi des personnes d’un certain âge qui se prennent en photo sans sourire devant le monument. D’où viennent-ils ? Allemands ? Russes ? Nostalgiques ? À la lumière d’aujourd’hui, aucune des deux armées auxquelles ces vieux messieurs ont peut-être appartenu n’a bonne presse. Donner sa jeunesse à des idéaux assassins doit laisser un drôle de goût. On pleure les morts doublement..