Journal

Au fil du temps

Dissidence et profusion

(lundi 28 avril 2008)


Peut-on être contre la publicité et la réclamer pour soi ?
Peut-on être contre le matraquage et regretter de ne pas être assez diffusé ?
Peut-on critiquer certaines pratiques commerciales et vouloir en profiter ?
Peut-on se plaindre de la surproduction et y participer soi-même ?
Peut-on être pour la liberté d'expression et souhaiter plus de discernement ?
Peut-on en vouloir au public d'être trop sollicité ?

Des réponses alternatives à ces questions existent et sont expérimentées avec plus ou moins de bonheur. Les personnes qui les mettent en pratique sont courageuses et font un boulot admirable. Elles touchent un public exigeant qui partage leurs points de vue sur les effets néfastes de la surenchère permanente. Les soutenir est un acte militant. Ce public ne devrait cesser de grandir. La majorité des gens en a plus qu'assez d'être pris pour des vaches à lait, des oies que l'on gave. Ils râlent dans les sondages en poussant leurs Caddies© trop pleins. Néanmoins les comportements changent lentement. Trop de réflexes conditionnés, une prise en charge des goûts et de l'esprit, un confort de vie anesthésiant, la peur de perdre des acquis, ceux-là mêmes qui entravent la liberté d'agir, paralysent le désir de se désaliéner.
Il est réconfortant de rencontrer des sans-télés, des sans-voitures, des sans-portables. Ils interpellent même les plus voraces des consommateurs, ceux qui manquent du superflu et s'inventent une spiritualité dans les marques déposées. Ils leur arrivent, le temps d'un embouteillage ou d'un surendettement, d'envier la légèreté d'aérostat des anticonformistes. La réciproque n'existe pas.

Le Grand Soir de la Décroissance n'aura pas lieu. Reste le glissement progressif vers l'ascèse matérielle, le "Less is More", un lent apprentissage qui apparaît souvent plus long qu'une vie.

Avant d'en faire l'éloge et les exiger pour d'autres, il faut savoir appliquer à soi les préceptes d'une nouvelle attitude. Des Yfokons et des Yakas, il y en a plein les bars. Des Jelaifais, beaucoup moins. Par le biais d'internet, de mon site, des newslettres, de Myspace, je tente d'une certaine manière de me soustraire aux impératifs éprouvants de cette société de consommation en établissant un contact direct et que je souhaite durable avec les gens curieux de mon travail.

Pour que ce jeu en vaille la peine, n'hésitez pas à partager avec le plus grand nombre l'attention et l'intérêt que vous portez à mes diverses réalisations. Cela vaudra tous les slogans, tous les directeurs de communication, toutes les campagnes de marketing.

Ni forfait ni abonnement, branchez-vous sur le téléphone arabe, le seul que les Martiens approuvent !