Journal

Au fil du temps

L'Homme de Mars, Roubaix, la mode

(dimanche 21 octobre 2007)


Je crois que je prends goût à Myspace.

Je me rends compte que je suis frustré de manquer de temps pour mieux m'en occuper. Envoyer des mots sympas à ceux qui me causent. J'ai encore une bonne trentaine de planches de BD à faire pour décembre. Les heures sont comptées. C'est comme ça. Dès que je peux, je rentrerai des vidéos de l'enregistrement de "L'homme de Mars" qui sort en mars. Aussi des nouveaux titres, pour cela il faut attendre le mastering. Je ne sais pas si je l'ai déjà dit, mais l'album a été enregistré au studio Juno, comme "Bienvenue au club", avec les quasi-Playback Boys, à un clavier prêt. Vincent Taurelle était en tournée mondiale avec Air au moment des séances. Les cordes ont été faites à Budapest avec l'orchestre de la Radio Magyar, dans le même studio qu'Ennio Morricone. Ce qui n'était pas pour déplaire à l'arrangeur, Fred Pallem (Playback Boys, Sacre du Tympan, Orchestre de la Boule Noire), grand fan de l'Italien. C'est Tchad Blake qui a mixé le tout, avec qui j'avais fait Nouba et Cyclone en compagnie de Mitchell Froom.

C'est Actes Sud qui sortira le livre-disque en librairie. On pourra aussi trouver le simple disque au rayon-musique de vos magasins favoris, mais ce serait un peu comme avoir la bande-son sans le film. Moi, je serais vous… Enfin...

J'étais à Roubaix hier. Je chantais avec Nano (Arnaud Méthivier) qui a monté un plateau musical autour de son accordéon, que je partage avec Jamel d'Au P'tit Bonheur, Hervé Rigaud et Catherine Estourelle. J'ai passé un très bon moment sur scène, mais aussi à la découverte du Musée d'art et d'industrie de la Piscine, un lieu magnifique où j'aurais volontiers séjourné tout le week-end. Le bâtiment est très beau. Architectes et décorateurs ont su métamorphoser cet ancien établissement nautique en salles d'exposition avec beaucoup d'intelligence et de goût. Les œuvres exposées sont remarquables. Très peu de grands noms. On croise Dufy, Fantin-latour, Picasso, Vuillard, François Pompon... mais les œuvres les plus remarquables ne sont pas celles des plus célèbres.

Il faisait beau, une terrasse ensoleillée accueillait les derniers clients du plein air avant l'hiver. J'aurais dû venir plus tôt y prendre une boisson lascive plutôt que d'arpenter les rues commerçantes à la recherche de nouvelles chaussures. Le contraste entre la quiétude accueillante du musée de la Piscine, invitant au plaisir posé, et les vitrines de McArthur Glen et leur débauche de fringues était saisissant, effrayant. J'ai cherché en vain quelque chose d'original, de personnel à me mettre aux pieds, des chaussures qui me ressembleraient, je n'ai vu que dix modèles en spirales sans fin. Les mêmes que dans les magasins de Berlin et de Bath où je me trouvais, il y a peu. Cela se comprendrait si tout le monde ne se foutait pas mal de sa manière de s'habiller. Mais, au contraire, les gens font grand cas de ce qu'ils se mettent sur le dos ou aux pieds. Tout genre confondu, chacun trouve son compte à repérer l'uniforme de sa caste partout où il va. J'ai épaté mon môme tout à l'heure avec un T-shirt noir. "Ouah! s'est-il exclamé, trop classe ! Y'a rien marqué dessus !"

J'aime les vêtements. Une styliste m'y a donné goût. Elle en parlait comme de la bonne cuisine. Il y a les tenues fast-food, traditionnelles, familiales, gastronomiques… On a ses préférences à vie ou selon les occasions. Personnellement j'aime varier les plaisirs. En ce moment je m'habille plutôt sandwich, pas le temps de me cuisiner. Mais sandwich bio, confort coton avec rien marqué dessus. Pas comme cette fille dans la rue arborant un déconcertant "I love cocks" qui laissait circonspect. Aimait-elle les coqs ? Les chiens de fusils ? Les robinets ? Les bittes ? Savait-elle parler anglais ?

Je passe un temps fou dans mon atelier à dessiner. J'ai les yeux et les mains pris mais pas les oreilles. Dessiner, comme conduire, est un bon moyen d'écouter de la musique. J'en consomme des tonnes. Ce n'est pas moi qui ferai périr l'industrie du disque. Je passe allégrement de Madonna à Os Mutantes, des Flaming Lips à Michel Magne. Je redécouvre ce bon Stan Ridgway que j'avais délaissé depuis un moment et qui, pourtant, ne chôme pas. Le monsieur est prolixe. Allez faire un tour sur son site, achetez-lui ses disques directement, rien que pour le plaisir de recevoir ses hilarants messages de confirmation.

J'allais oublier de vous dire que j'ai fini la réalisation de l'album des Tit'Nassels avec mon ami Lionel Dussauchoy aux manettes. La sortie est prévue en mars comme le mien. C'est un bien beau disque plus mature, plus pop qu'auparavant, avec des chansons profondes et drôles et une reprise étonnement d'actualité de Georges Moustaki, intitulée "Chanson Cri".

Sur ce, bon ADN et bonnes grèves.