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27/07/2005

Je reviens de l'imprimerie où je suis allé vérifier les couleurs de la bande dessinée que l'association Alofa Tuvalu m'a commandée. Je n'ai pas pratiqué la bédé depuis 1986. J'en ressentais vaguement l'envie parfois, mais pas le besoin. Pondre quelques illustrations de temps à autre suffisait à mon plaisir.
Et puis ces derniers mois, l'envie a repris du poil de la bête. Sans doute à cause du portfolio que j'ai dessiné pour la sortie de "Bienvenue au Club".
Aussi, quand Gilliane Legallic est venue me voir à la fin d'un concert pour me demander d'illustrer son projet, je me suis dit que le hasard restait tout de même un drôle d'entremetteur. Gilliane a monté l'association Alofa Tuvalu au retour d'un reportage dans le Pacifique sur l'archipel Tuvalu. Tuvalu, c'est neuf îles éparpillées dans l'océan, dont la plus grande fait 14 kilomètres de long sur 500 mètres de large. C'est une vraie nation avec ses us et coutumes, son folklore. Géographiquement elle a une particularité dont la population désormais se passerait bien, c'est son absence de relief. Le point culminant de l'archipel tutoie les 4,50 mètres. Aujourd'hui, à cause du réchauffement climatique, le niveau de l'océan est monté de 4 centimètres en quelques années. Les plages de Tuvalu disparaissent; il y a des résurgences d'eau de mer à l'intérieur des terres; le sol n'est cultivable qu'à moins de 20 centimètres de profondeur; certains îlots disparaissent déjà, arbres et végétation bouffés aux racines par l'océan vorace.
Le réchauffement entraîne aussi un changement de météo. Les vents sont plus violents et fréquents, tout comme la pluie qui stagne en immenses mares, le sol ne pouvant plus absorber les eaux du ciel. Lors des grandes marées, des vagues traversent les terres. Dans 20 ans, les Tuvaluens seront les premiers réfugiés climatiques de la planète. Leur pays, telle la légendaire Atlantide, aura disparu sous la mer.
Le réchauffement climatique est dû principalement aux gaz à effets de serre. L'industrie mondiale en émet tout son soûl. Mais les "vraies gens" ne sont pas en reste. Diverses campagnes de sensibilisation sont lancées afin de faire prendre conscience du problème aux habitants de nos contrées, élevés dans l'art du gaspillage et de la consommation à outrance.
Notre train de vie quotidien est en grande partie responsable du bouleversement climatique et des catastrophes à venir si l'on n'y prend pas garde. Le fameux "effet papillon" popularisé par les vulgarisateurs de la théorie du chaos trouve dans le lien qui nous lie désormais à Tuvalu une brillante démonstration de sa réalité.
Quand Gilliane Legallic m'a contacté, elle ignorait que je ne pratiquais plus la bande dessinée depuis longtemps et c'est tant mieux. Me remettre sérieusement au dessin ne fut plus seulement un plaisir à redécouvrir, mais me rend utile à la cause la plus universelle: l'écologie. J'ai donc réalisé une bande dessinée destinée aux enfants qui met en parallèle la journée d'un petit Français et d'une petite Tuvaluenne. Elle sera largement diffusée lors d'une opération auprès du jeune public qui aura lieu en octobre sous un chapiteau à Clichy et sûrement aussi par la revue Terres Sauvages.